Tuesday, August 4, 2009

July 31 - August 3: N-o-w-h-e-r-e, UT

July 31 - Salt Lake City to Heber = 70 miles / 113 km
August 1 - Heber to Duchesne = 69 miles / 111 km
August 2 - Duchesne to Price = 56 miles / 90 km
August 3 - Price to Hanksville = 112 miles / 181 km

Total - 3293 miles / 5311 km

PHOTOS ON PICASA

For the last few days, I have been riding in Nowhere, Utah. And let me tell you that there are a lot of big hills in Nowhere! I left Salt Lake on Friday morning and it took a long while to leave the city and its suburbs. I could have gone straight towards Provo along I-15 but it would have been boring. So I opted for a "scenic" route and visited the little towns surrounding Salt Lake. And I hit my first 8% climb. 1600 ft in 6.5 miles. Took me straight to the top of the hills and the views of the Salt Lake area were great. Riding the 8% downhill, I was wondering how come so many rocks were hitting my shins (once in a while, a little pebble gets projected from your front wheel to your shin.. but not 5/second!) when I realized they were not rocks.. they were grasshoppers. The ground was literally moving with grasshoppers. I must have killed a few hundreds... I went through the Wasatch Mountains and arrived in Heber at the end of the afternoon.

The ride from Heber to Duchesne included another climb (2500 ft on 18 miles) which marked my passage into the desert. The shoulder was covered with all kinds of junk and I got two flat tires (again and again.. rear wheel...). Those small metal wires are just unforgiving.

When leaving Duchesne, I knew I had 30 miles uphill. In the middle of the climb, an old farmer that passed me several times decided to stop and pulled me over. "What pushes a young lady like you into so much pain??". I laughed and explained my trip. He did not quite understand so instead, he started to tell me about his entire life... I hate when people do that.. Sometimes it's interesting, but when it lasts 35 minutes and wastes my precious cool morning time, I get really pissed. Anyways, I kept going and reached the 9114 ft summit. This one was a real b!tch.. I ended up in Price where I did not stay long. Indeed I was planning to leave very early for a long long ride to Hanksville. There is nothing between Price and Hanksville besides 112 miles of desert. I had no choice but to do it in one day. The timing was good, I felt ready for a 100 mile day and had never ridden in the night. It was time for me to stretch the confort zone a little.. So I left at 4:20AM on Monday. It was very dark but I was amazed that the few cars that passed me were getting out of their way to avoid me. I must point out that drivers in Utah are the most careful drivers I met so far. Go Utah! I can't say that I hated riding in the dark but I will try to minimize the experience. Just does not feel safe. The terrain was not too bad for the first 70 miles. Then the head wind picked up. Then the sneaky desert bugs started to form a cloud around me, driving me completely crazy. Then the uphill was endless. And then, the sun was so, so, so hot that my every exposed square inch of my skin was hurting. At mile 84, I collapsed. Not physically - I collapsed mentally. It was too hard. For 5 long miles, I cried like a baby (which was a good sign that I was still hydrated). I really needed to hold myself by the hand to reach Hanksville. I was fixing a point at the horizon and would not stop looking at it. It would become my goal. When the goal was reached, I needed to stop to congratulate myself and try to cheer me up. Then I would find another goal and keep going... It was 108F in Hanksville when I checked in to one of the two motels in town. I fell asleep at 7:30PM. Such breakdown is not a bad thing - it sets a new benchmark for what you can endure. I am sure the next rides will feel easier..


This, is Nowhere.

Ces derniers jours, j’ai roulé dans un endroit appelé Nowhere, Utah. Et laissez-moi vous dire qu’il y a beaucoup de grosses collines dans Nowhere! Je suis partie de Salt Lake vendredi matin et ai dû roulé longtemps avant d’enfin quitter la région « métropolitaine ». J’aurais pu rouler aux abords de l’autoroute 15 jusqu’à Provo (au sud de Salt Lake) mais ce n’aurait pas été une belle promenade. Alors j’ai opté pour un chemin plus « scénique » qui serpente les petites villes des environs. En bonus, j’ai eu ma première montée de 8% qui m’a amenée directement au sommet des collines où les vues du grand Salt Lake étaient superbes. En descendant cette côte de 8%, je me demandais pourquoi autant de cailloux se frappaient sur mes jambes (il n’est pas rare que la roue avant projette une roche sur le tibia ou le mollet… mais pas 5 par seconde..) quand je me suis rendue compte que les cailloux étaient en fait des sauterelles. Des milliers et des milliers de sauterelles. Le sol grouillait de ces insectes jaunes. J’ai dû en tuer quelques centaines.. Je suis passée dans les Wasatch Mountains et suis arrivée à Heber, ma destination de la journée, en fin d’après-midi.
La route de Heber jusqu’à Duchesne comprenait une autre montée qui marquait aussi mon passage dans le désert. La bordure était couverte de déchets et j’ai eu deux crevaisons (encore et toujours à la roue arrière..). Des petits fils de métal étaient la cause des deux crevaisons.
En quittant Duchesne, je savais que j’avais presque 50km de montée devant moi. Et vers le milieu de cette montée, un vieux fermier qui m’avait dépassée plusieurs fois s’est décidé d’arrêter pour me parler. « Qu’est-ce qui pousse une jeune fille comme toi vers tant de souffrance? ». J’ai ri et lui ai brièvement expliqué mon projet. Il n’avait pas l’air de saisir tout à fait alors il a redirigé la conversation sur lui-même et m’a raconté toute sa vie.. Grrr.. je déteste quand les gens font ça (et vous n’avez pas idée comment ça m’arrive souvent..). Des fois, c’est intéressant, mais pas quand ça dure 35 minutes et que ça gaspille mon précieux matin où la température est encore vivable… Bref, j’ai réussi à me sauver pour me rendre jusqu’au sommet. Cette montée était une vraie b!tch.. J’ai terminé la journée à Price et n’y suis pas restée trop longtemps. En effet, je devais quitter très tôt pour une longue, longue route jusqu’à Hanksville. Il n’y a absolument rien entre Price et Hanksville à part 181 km de désert. Pas le choix, je devais le boucler en une journée. Je n’avais encore jamais fait de journée de plus de 150 km et n’avais pas roulé la nuit non plus. Il était temps pour moi d’étirer la zone de confort. J’ai commencé ma route à 4h20 lundi matin. Il fait très noir mais il était réconfortant de constater que les quelques voitures qui me dépassaient semblaient tout faire pour m’éviter. Je dois ici mentionner que les conducteurs en Utah sont de loin les plus prudents que j’aie rencontrés jusqu’à maintenant. Je n’ai pas détesté rouler la nuit mais vais tenter de minimiser cette expérience que je ne trouve pas sécuritaire. Le terrain n’était pas difficile pour les premiers 110 km. Mais le vent de face s’est amené. Et les moustiques de désert ont décidé de faire un nuage autour de moi, me rendant complètement folle. Et la montée a commencé et semblait infinie. Et le soleil…. Le soleil tellement, tellement chaud, brûlait chaque centimètre carré de ma peau exposée et faisait littéralement mal. Au kilomètre 135, je me suis écroulée. Pas physiquement.. je me suis écroulée mentalement. C’était devenu trop difficile. Durant 8 longs kilomètres, j’ai pleuré comme un bébé L J’ai vraiment dû me prendre par la main pour me rendre jusqu’à Hanksville. En utilisant la méthode de décomposition, j’ai fixé un point à l’horizon sans le lâcher du regard. C’était mon but. Rendue à ce point, je m’arrêtais pour me féliciter, avant de recommencer l’exercice. Il faisait 42C à Hanksville lorsque je suis arrivée. A 19h30, j’étais couchée et dormais profondément.

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